Newsroom

Publications
18 septembre 2019

Recyclage / Réutilisation : la hiérarchie des déchets en question !

La directive 2008/98/CE pose le principe d’une hiérarchie entre moyens de traitement des déchets sur la base d’une idée « simple » : prévenir d’abord. La réutilisation des produits précèderait ainsi leur recyclage.

Elle a cependant prudemment précisé que ce principe général pouvait être remis en question par le biais d’une Analyse de Cycle de Vie (ACV), dont le but est de vérifier la « supériorité » environnementale apparente de la réutilisation du produit considéré.

En fait, du point de vue de l’environnement et de la gestion des ressources, réutiliser un produit, c’est utiliser à nouveau sa matière qui représente l’essentiel de son empreinte environnementale. Or cette réutilisation de la matière peut aussi être réalisée par la voie du recyclage, dans les deux cas des opérations complémentaires ayant un impact sur l’environnement sont nécessaires et doivent être considérées.                                                                            

Dans ces conditions, choisir entre les deux voies suppose une comparaison globale entre deux dispositifs logistiques de gestion de l’acheminement d’un produit, assurant des services identiques sur une période de temps, et de dresser leur bilan en termes de ressources utilisées et d’impacts environnementaux.

Dans les faits, il existe deux modèles de « réutilisation d’emballages » :

  • Un système « fermé », utilisé par exemple dans l’automobile avec des circuits à gestion internalisée (les emballages réutilisables circulent entre les usines du constructeur et celles de ses équipementiers)
  • Un système «ouvert » entre des producteurs de biens de consommation et des distributeurs, faisant appel à un loueur assurant la logistique et la maintenance des emballages.

Les travaux de comparaison effectués, avec leurs limites et leurs insuffisances, ont permis de dégager quelques enseignements :

  • L’importance capitale du taux de rotation à l’intérieur du dispositif car la matière immobilisée est improductive mais son impact initial est donné. Ainsi une caisse plastique qui serait utilisée une fois par an, pendant la période de récolte de pommes par exemple, aurait un impact élevé en comparaison d’une caisse carton qui sera recyclée dès la fin de son utilisation et sa matière réutilisée dans un nouvel emballage d’usage différent.
  • L’importance du stock nécessaire, qui donc immobilise de la matière, dépend de la vitesse de rotation et de la « dimension » du système mais aussi de l’efficacité de l’organisation, du temps de retour et des pertes. A l’inverse, un système géré par recyclage assure à la fois un retour rapide vers une unité de recyclage et la fabrication d’un nouvel emballage fabriqué à façon, apportant ainsi une très grande souplesse.
  • La moindre flexibilité d’emploi d’un emballage à format déterminé impose de ce fait une limite d’usage, fonction des formats et des caractéristiques des produits, et entraîne une perte d’efficacité au remplissage (l’unité fonctionnelle étant la quantité de produits délivrée par le système sur une période donnée).
  • La dimension économique doit également être prise en compte et en particulier les externalités et les transferts de valeur à l’intérieur du système.

La comparaison des chaînes logistiques fait apparaître une souplesse et une flexibilité plus grande du dispositif « recyclage ». En effet, celui-ci ne connaît pas les contraintes liées au format déterminé de l’emballage, lequel impose des applications dédiées qui entraînent des parcs emballages plus élevés et des temps de retour (donc des rotations sur un temps donné) qui pourront être plus élevés, en particulier dans les systèmes « ouverts ». Globalement, les systèmes dits d’emballages réutilisables connaissent des limites d’usage en termes de produits à transporter et de couverture géographique. Plus faciles à adapter à des systèmes « internes » dédiés à des produits standardisés dans des circuits entre acteurs d’un système industriel, ils sont difficilement utilisables pour gérer des livraisons entre acteurs « indépendants » et à l’échelle internationale alors que les dispositifs de recyclage existent dans le monde entier apportant ainsi une garantie de réutilisation de la matière à l’échelle mondiale.

Carton Ondulé de France a fait réaliser une étude portant sur l’évaluation environnementale de l’intérêt comparé entre caisses en plastique réutilisables et plateaux en carton ondulé recyclables pour le transport des fruits et légumes, en s’appuyant sur l’analyse de trois segments de marché et de circuits de distribution réels.

Les résultats ont d’abord montré que les impacts environnementaux sont limités quel que soit l’emballage. Ils ont ensuite mis en évidence une forte dépendance de l’impact environnemental de la caisse plastique au nombre de rotations effectuées sur sa durée de vie utile, avec un bilan le plus souvent favorable aux plateaux en carton ondulé lorsque ce taux de rotation est inférieur à 15 et non différenciable lorsqu’il se situe entre 16 et 35. Avec une rotation annuelle comprise entre 3 et 5, pour que les impacts environnementaux de la caisse plastique réutilisable puissent être considérés comme moins importants que ceux d’un plateau en carton ondulé, sa durée de vie utile doit être de sept à dix ans minimum.

Share This

Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et analyser les visites sur notre site. Vous acceptez tous les cookies en cliquant sur le bouton "J'accepte". Lire notre politique de confidentialité.