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[Focus] Quelles conditions pour un emballage recyclable ?

Pour qu’un emballage soit recyclable, la réglementation recense trois conditions nécessaires : qu’il puisse être collecté, qu’il puisse être trié et qu’il soit admis dans un processus industriel de recyclage final, que l’on conçoit aisément comme adossé à des capacités industrielles conséquentes et disponibles. L’emballage carton ondulé réunit ces trois conditions.

Des emballages intrinsèquement recyclables…

Pour être recyclable, un emballage doit évidemment d’abord pouvoir justifier de son aptitude réelle et concrète à la réutilisation du matériau qui le constitue dans un process de fabrication. Cette aptitude constitue le socle sur lequel se fonde la notion de recyclabilité.
L’objectif poursuivi est clairement identifié : il s’agit ni plus ni moins que d’assurer le retour à la matière d’origine (ou, du moins, à une matière présentant des caractéristiques similaires à celle-ci) et, ce faisant, de contribuer à la diminution des prélèvements sur les ressources naturelles dont le besoin s’en trouve réduit. L’emballage doit donc être constitué d’une matière qui permet ce retour et ne doit pas contenir de constituants qui empêcheraient ce retour dans de bonnes conditions (ce qu’on appelle des perturbateurs du recyclage) ou qui mettraient en cause l’usage de la matière recyclée (par la présence de substances chimiques rendant impossible l’usage de la matière recyclée pour fabriquer d’autres emballages par exemple).
Dans le secteur du papier carton, pour aider les metteurs en marché d’emballages à évaluer leurs choix techniques au regard de la recyclabilité de leurs emballages, la filière emballage papier carton a créé, via REVIPAC et en collaboration avec CITEO, un comité d’expertise technique, le Comité d’Évaluation de la Recyclabilité des Emballages papier-Carton (CEREC), qui peut tester la recyclabilité des emballages et, si nécessaire, conseiller des voies d’optimisation.

Mais avoir un emballage ayant toutes les qualités requises pour être recyclé ne suffit pas. Afin de pouvoir procéder au recyclage final, différentes étapes sont nécessaires, permettant une mise en œuvre effective.

…qui sont triés et collectés…

Il est bien sûr avant tout nécessaire de récupérer ce matériau de base et donc récupérer les objets qu’il constitue. Pour qu’un produit soit recyclable, il faut donc qu’il puisse bénéficier d’un dispositif de collecte efficace. Et la remarque vaut également pour le système de tri qui doit faire l’objet de consignes rigoureuses et précises : de fait, plus le flux récupéré se révélera homogène, plus son aptitude au recyclage sera élevée.
Un emballage recyclable doit donc être correctement collectable et triable. S’il ne peut être reconnu comme tel par les utilisateurs ou s’il est mal géré dans les centres de tri, l’emballage ne sera pas correctement orienté vers sa filière de recyclage et deviendra de fait un déchet au mieux valorisé, au pire détruit, tout du moins le temps de faire évoluer les systèmes de collecte et de triage ou d’adapter les consignes de tri, si cela est possible.

… pour être orientés dans une filière de recyclage existante.

En pratique, c’est la dernière étape, le recyclage final, qui techniquement et concrètement permet le retour à la ressource de base, la matière, qui pourra être réutilisée dans un nouveau cycle de production.… Cette étape suppose non seulement de pouvoir enchaîner les différentes opérations de collecte et de tri, mais surtout de disposer de capacités industrielles susceptibles de garantir un débouché véritable aux produits finis issus de ces opérations.
Les recycleurs finaux sont des industriels qui utilisent pour leurs approvisionnements des produits standards clairement identifiés. Ces produits standards correspondent à des besoins bien définis dans leurs procédés de fabrication, afin de produire une matière recyclée qui trouvera un débouché sur un marché.
Il apparait donc clairement que l’existence même de ces capacités industrielles est conditionnée à l’existence d’un marché économiquement viable, avec une demande en matière recyclée suffisante et des volumes d’approvisionnement en emballages à recycler régulier.

Ainsi c’est bien la coexistence de toutes ces conditions qui font le caractère recyclable d’un emballage. Ceci explique les nombreux débats qui existent sur la recyclabilité des différents matériaux utilisés, selon les filières mises en place, selon les consignes de tri…
Dans la filière emballages « papier-carton », les produits à recycler peuvent être recyclés ensemble, garantissant une disponibilité régulière des produits à recycler. Les standards en place et les prescriptions techniques particulières qui les complètent traduisent la volonté de l’industrie de maximiser la réutilisation de la ressource et de permettre le développement en continu de la collecte, du tri et de leur optimisation.

Le compostage, une fausse bonne idée

Les réflexions actuelles autour de la mise en place d’une économie circulaire et la diminution des impacts environnementaux des emballages poussent certains acteurs à mettre en avant la compostabilité de leur solution. Mais, d’un strict point de vue d’économie circulaire, l’objectif doit être d’optimiser l’usage d’une ressource, même si elle est renouvelable, en la réutilisant de manière répétée. Le compostage ne remplit pas cet objectif.

Processus de compostage

Le compostage est un processus biologique de conversion et de valorisation des matières organiques en un produit stabilisé, hygiénique, semblable à un terreau, riche en composés humiques et minéraux. Ce process est basé sur la dégradabilité des déchets organiques, dans des conditions contrôlées, en présence de l’oxygène de l’air et d’humidité, par l’action combinée des bactéries, champignons, micro-organismes et macro-organismes. La matière organique est alors transformée en humus, riche en éléments nutritifs, destiné à amender les sols dans le but de l’enrichir.

Le compostage peut être mis en œuvre à différentes échelles :

  • Le compostage domestique ou partagé, réalisé par les ménages, individuellement ou en commun ;
  • Le compostage centralisé, dans des installations de moyenne à très grande capacité (de 2 000 à 100 000 tonnes/an ou plus).

Si le mécanisme est le même dans ces deux conditions de mise en œuvre, les sites industriels offrent cependant de meilleures conditions de compostage car ils permettent de contrôler les taux d’oxygène, d’humidité, de chaleur et de micro-organismes. Cela produira un compost de meilleure qualité beaucoup plus rapidement que le compostage domestique, mais cela permet aussi aux sites industriels de composter plus de types de déchets organiques.

Allégation environnementale

Pour alléguer de la qualité de compostabilité d’un emballage, il est d’abord nécessaire de l’avoir testée selon les exigences de la norme européenne harmonisée NF EN 13432. Il est ensuite bon de préciser dans quelles conditions ce compostage est possible : comme nous l’avons vu plus haut, tout ce qui est compostable en condition domestique l’est aussi en condition industrielle, mais l’inverse n’est pas systématique. Le compostage domestique peut aussi être certifié selon certains référentiels privés, dont le plus connu est le référentiel OK compost.

La tentation est grande d’utiliser l’argument de la compostabilité afin de justifier le fait qu’en cas d’abandon dans la nature, la matière sera dégradée d’elle-même et ne viendra pas polluer le milieu. Cependant, il faut d’abord considérer que tout abandon dans la nature peut être source de pollution. Par ailleurs, compostabilité n’est pas biodégradabilité ! Tout dépend des conditions physico-chimiques du milieu de dégradation et toutes les matières compostables ne sont pas biodégradables dans tous les milieux.

Un débouché limité

Alléguer de la compostabilité d’un emballage permet éventuellement d’orienter le consommateur dans le tri de son emballage vers une solution de compostage individuel ou une filière de compostage industrielle.

Les débouchés en compostage sont encore relativement limités eu égard aux quantités de déchets produits chaque année par les ménages. Très peu de filières industrielles sont mises en place aujourd’hui et l’utilisation d’emballage dans les composts industriels se heurte souvent aux problématiques réglementaires. En effet, cet usage ne peut s’entendre que si le compost créé remplit deux types de critères : les critères agronomiques et les critères d’innocuité.

  • Les critères agronomiques sont définis par les teneurs en éléments fertilisants (azote, phosphore, potassium) et d’autres analyses permettant par exemple d’estimer la dégradabilité du compost une fois épandu. La qualité agronomique du compost est essentiellement issue de l’équilibre des éléments apportés lors des phases de dégradation et de la maitrise des conditions.
  • Les critères d’innocuité sont basés sur la présence ou non de différents éléments jugés « indésirables » dans le compost : éléments traces métalliques (ETM), Composés traces organiques (CTO), agents pathogènes, éléments grossiers (verre, plastique…).

La réglementation, en fixant des seuils limites aussi bien pour les critères agronomiques que pour les critères d’innocuité, aide à définir la qualité des composts. Il est essentiel qu’un compost ne présente pas de risque sanitaire : En France, 62 % des composts produits sont utilisés en agriculture, sur des surfaces servant à cultiver des produits destinés à l’alimentation humaine ou animale.

Ces deux conditions limitent donc la quantité d’emballage qui peut être apportée dans un compost et augmentent la quantité de contrôles à mettre en œuvre.

Concernant le compostage domestique, ce dernier peut faire sens pour les particuliers disposant d’un jardin ou pour les organisations en commun disposant de surface d’épandage. Mais on comprend vite que ces surfaces seront limitées en milieu urbain par exemple. La quantité maximale d’emballage pouvant être introduit dans ces composts sera d’autant plus réduites que les conditions physiques du compostage sont plus fragiles et que les micro-organismes responsables de la dégradation sont plus sensibles à l’apport de matières variées ou au risque d’asphyxie.

Le compostage ne peut donc pas être un débouché de masse pour la gestion des déchets d’emballage.

Compostabilité et économie circulaire

Au-delà de ce constat, c’est le principe même de l’économie circulaire qui fait de la promotion à grande échelle du compostage une mauvaise idée : ce principe repose sur l’idée qu’une ressource extraite, qu’elle soit ou non renouvelable, doit être réutilisée plusieurs fois afin de maximiser sa durée de vie et donc de diminuer son impact environnemental.

Or le compostage interrompt toute boucle d’utilisation d’une matière puisqu’on fait en sorte de la dégrader pour en renvoyer les constituants au sol. Envoyer de la matière en compostage constitue à faire un enfouissement maitrisé et valorisé qui ne permet donc pas de maximiser sa durée d’utilisation. L’utilisation des emballages dans cette filière ne vient pas par ailleurs en comblement d’un manque de matière qui empêcherait de produire les quantités de compost nécessaires. Le bénéfice environnemental en est donc globalement réduit.

Le modèle à privilégier est sans conteste celui de la réutilisation de la ressource, de préférence renouvelable, afin de gérer le renouvellement des stocks et d’assurer une efficacité maximale à l’extraction qui en a été faite. Cette réutilisation peut passer par la réutilisation de l’objet (sans transformation entre deux utilisations, mais une préparation par lavage ou réparation) ou par celle de la matière (avec transformation de cette dernière entre deux utilisations).

Le secteur des emballages papier carton a depuis de nombreuses années mis en place un modèle de réutilisation de sa matière dans une boucle particulièrement efficace puisque 9 emballages sur 10 sont réutilisés pour fabriquer de nouveaux emballages, via le recyclage.

[Focus] Vrac : les solutions peuvent venir de l’emballage !

Le vrac est un mode de distribution qui se développe de façon importante depuis quelques années. Certaines réflexions législatives envisagent même d’imposer une surface minimum dans les grandes surfaces. Il doit cependant faire face à des problématiques importantes. Le secteur de l’emballage pourrait alors apporter des solutions.

Le vrac ne supprime pas l’emballage

L’article L. 120-1 du Code de la consommation indique que « La vente en vrac se définit comme la vente au consommateur de produits présentés sans emballage, en quantité choisie par le consommateur, dans des contenants réemployables ou réutilisables. »

Si les produits sont présentés au consommateur sans emballage, ce mode de distribution ne peut cependant pas se passer des services d’un emballage. En effet, à chaque fois que le lieu de consommation d’un bien quelconque est différent de son lieu de production, un système d’emballage est nécessaire. Pour le stocker, pour le protéger, pour l’identifier, pour l’acheminer . Ainsi des emballages sont nécessaires :

  • Dans la logistique en amont du point de distribution, depuis le lieu de production.
  • Pour que le consommateur puisse ramener le produit chez lui et le stocker.

 

Des problématiques supplémentaires

Le mode de distribution en vrac est confronté à plusieurs problématiques, classiques dans la distribution alimentaire, mais que la rupture de conditionnement lors de la commercialisation en magasin rend plus compliquées à résoudre et qui peuvent en limiter le développement.

note vrac

CNE Note de Position – Le vrac ne fait pas disparaître l’emballage 

  • En termes d’hygiène

Les manipulations du produit lors du remplissage des systèmes de distribution, la nécessité d’un nettoyage de ces systèmes [en épicerie, un nettoyage quotidien des silos est nécessaire pour éviter la prolifération des insectes et des champignons. Le besoin de nettoyage est accru lorsqu’il s’agit de liquides (jus, sirops, soupes…) et surtout de l’ultrafrais (yaourts, glaces…) pour éviter les proliférations bactériennes], le risque de contaminations par des polluants extérieurs, les consommateurs qui touchent le bec verseur du distributeur ou manipulent les outils de service et les emballages mis à disposition, la problématique de responsabilité du magasin lorsqu’un client apporte un contenant mal nettoyé, sont autant de points d’attention qui doivent être surveillés pour assurer l’hygiène des produits vendus.

On notera d’ailleurs que dès après avoir donné une définition de la vente en vrac, l’article L. 120-1 du Code de la consommation prévoit des interdictions de ventes en vrac de certains produits pour des raisons de santé publique.

  • En termes de traçabilité

Si les valeurs nutritionnelles et les compositions ne sont pas obligatoire pour les produits distribués en vrac, certaines mentions restent cependant obligatoires. Se pose alors la question de la garantie de la traçabilité malgré les manipulations. Sans packaging, la marque et la mention d’origine sont souvent seulement visibles sur un sticker, quand elles ne sont pas purement et simplement gommées ou absentes.

Ce risque de perte d’information est également un point d’attention important, notamment pour les numéros de lot en cas de rappel de produits, ou en ce qui concerne la durée et le mode de conservation par le consommateur ou la date de péremption. C’est également un risque de fraude important, notamment en ce qui concerne les produits sous AOP IGP qui exigent jusqu’à aujourd’hui un emballage sur le lieu de production pour garantir la traçabilité.

  • En termes économique

Le débat n’est pas limité à un emballage ou à l’emballage en général, mais à la mise en œuvre d’un système de distribution. Le vrac exige de la main-d’œuvre pour remplir et nettoyer les silos ou peser la marchandise. Amortir les meubles de distribution, les coûts de personnel pour assurer la conservation, l’hygiène, la traçabilité, l’information légale représentent des charges supplémentaires pour les points de vente, alors que le panier moyen de ce type de distribution est encore plutôt faible.

  • En termes réglementaire

Le mode de distribution en vrac doit aussi composer avec de nombreuses réglementations :

– Sur la manutention manuelle des charges en grande distribution,
– Sur l’obligation d’être titulaire d’un diplôme ad-hoc pour conditionner un produit cosmétique,
– Sur le respect du code de la consommation sur la tromperie prévoyant des garanties sur les quantités annoncées des contenants de ventes des produits,
– …

Des solutions apportées par l’emballage

Le secteur de la distribution en vrac travaille depuis de nombreuses années à régler ces problématiques plus ou moins spécifiques et a mis en œuvre des procédures et des systèmes qui permettent d’en régler certains. De nombreux challenges sont encore à relever et le secteur de l’emballage peut apporter une partie des solutions.

En effet, a l’instar des Prêt-à-Vendre qui ont été conçus pour la grande distribution et qui cumulent les fonctions d’emballages logistiques et de facilitateur de la mise en rayon, il est tout à fait envisageable de concevoir des emballages de transports en carton ondulé (qui interviennent en amont du point de distribution en vrac pour transporter le produit depuis le lieu de fabrication) cumulant des fonctions de distribution et de présentation. Ceux-ci, à usage unique, recyclables, facilement recyclés, et imprimable, permettraient tout à la fois :

  • De faciliter la traçabilité des informations judicieusement imprimées et de supprimer le risque de perte d’informations,
  • De limiter les risques hygiéniques en supprimant les manipulations pour recharge, en rendant inutile les nettoyages entre chaque lot et en restant assez fermés pour éviter les contaminations extérieures,
  • De faciliter le travail de mise en rayon.

Les bureaux d’étude des entreprises de la filière ondulé travaillent aujourd’hui à proposer aux intervenants du secteur vrac des solutions efficaces.

La réutilisation de l’emballage papier carton

Les discussions sont nombreuses tant au niveau français, autour des textes d’application de la loi économie circulaire, qu’au niveau européen dans les discussions sur le green deal, sur l’utilité de l’emballage et le meilleur modèle à promouvoir.

La réutilisation est alors présentée comme le modèle le plus vertueux au motif qu’il permet d’économiser les ressources. Souvent cette réutilisation n’est envisagée que sous l’angle de la réutilisation de l’emballage.

Cependant, pour optimiser l’usage des ressources, le secteur du papier carton s’appuie sur un autre modèle de réutilisation, particulièrement efficace.

L’optimisation de l’usage de la ressource

Il existe une réelle demande pour des modes de production efficace et surtout économe en ressources.

Du point de vue environnemental, optimiser l’usage d’une ressource consiste d’abord à minimiser les quantités utilisées pour remplir la fonction pour laquelle la ressource a été extraite (ici servir d’emballage), puis à maximiser sa durée de vie utile (c’est-à-dire lorsqu’elle remplit effectivement une fonction), tout en en diminuant les impacts environnementaux. Pour comparer les deux systèmes, il faut considérer que :

Pour ce qui est de l’économie de ressource, les exigences d’écoconception induisent une certaine sobriété d’usage de la matière et elles sont identiques pour tous les emballages (à usage unique ou non). Dans le secteur du carton ondulé, on peut d’ailleurs noter que le poids moyen de celui-ci a diminué de plus de 10% en 20 ans à caractéristiques techniques équivalentes.

La maximisation de la vie utile de la ressource n’est, elle, pas unique. Elle peut se faire soit par la durée de son utilisation, soit par sa réutilisation afin d’allonger la durée d’usage initiale. Il existe alors deux solutions : avec ou sans transformation. C’est à dire qu’on peut réutiliser l’objet ou que l’on peut récupérer la matière qui le constitue pour fabriquer un autre objet (ici un autre emballage).

Pour ce dernier modèle, le carton ondulé est le matériau idéal : Il est renouvelable, recyclable et effectivement recyclé. Le taux de recyclage des emballages papier carton atteint l’excellent chiffre de 95%, et le carton ondulé contient en moyenne 88% de fibre recyclée. En France, 9 emballages en carton ondulé sur 10 sont recyclés et transformés en nouveaux emballages dans un véritable système de réutilisation. Ainsi, la fibre de cellulose, qui est notre matière première, biosourcée, renouvelable, et sans conflit d’usage alimentaire, sera réutilisée 8 fois en moyenne ! Donc, même si les emballages en carton ondulé sont souvent caractérisés comme des emballages perdus ou jetables, ils font en fait eux aussi partie d’un véritable système de réutilisation de sa matière, dans une boucle quasiment fermée.

Avant de déterminer quel modèle de réutilisation est le plus vertueux, il convient donc de faire une comparaison sur la base des impacts environnementaux que génère chaque système, pendant la durée de vie de la matière.

Une comparaison multifactorielle qui ne permet pas un classement a priori

Il est assez évident que le premier critère de comparaison entre les deux systèmes s’établit au niveau du nombre de réutilisations. Ce taux est de plus fortement impacté selon les taux de casses, pertes ou vols dans les deux systèmes, qui obligeront au remplacement des manquants.

Mais il existe de nombreux autres paramètres moins facilement appréhendables qui peuvent fortement faire varier les impacts environnementaux. Le modèle de réutilisation de la matière via le recyclage présente alors de nombreux avantages qui permettent de remettre en cause l’idée préconçue que la réutilisation de l’emballage lui-même est forcément la solution la moins impactante :

  • La réutilisation de la matière permet de s’adapter au plus juste à tous les produits à emballer: Du fait de sa grande adaptabilité, l’emballage en carton est conçu sur-mesure à chacune de ses utilisations. Il est donc toujours adapté au produit à emballer (optimisation de la quantité de matière utilisée) mais aussi à ses caractéristiques techniques (fragilité, contact alimentaire, …), aux moyens de transport (afin d’optimiser les chargements par exemple) et aux modes de distribution. Ceci permettra notamment d’éviter un vide inutile dans l’emballage.
  • La réutilisation de la matière peut permettre de réduire les transports: les lieux de fabrication sont souvent éloignés des lieux de consommation. La réutilisation de l’emballage suppose donc un retour de ce dernier sur le lieu de production d’un produit pour lequel cet emballage est adapté. Ceci génère des transports importants, surtout lorsque l’emballage est très spécialisé, sans compter le passage dans un lieu de lavage ou de réparation entre deux utilisations, selon leur répartition sur le territoire.

Dans le cas du recyclage des papiers cartons, le retour de l’emballage vers une unité de recyclage et la transformation de sa matière va permettre de l’orienter vers l’usage le plus proche afin de minimiser les couts de transport, puisque cet usage ne sera pas limité par les caractéristiques d’un emballage préexistant. Cet avantage devient essentiel si on envisage la mondialisation des échanges de biens, puisque le papier carton est recyclé et fabriqué dans le monde entier.

  • Le process de réutilisation de la matière a des impacts environnementaux qui doivent être comparés à ceux de la préparation au réemploi: Par exemple, le lavage des emballages réutilisables peut être plus impactant en termes d’utilisation d’eau que le recyclage, selon les systèmes de lavage utilisés, sans compter que les eaux rejetées n’ont pas les mêmes qualités ni les mêmes impacts sur les systèmes de retraitement des eaux potables. Pour chaque impact, une mesure précise doit être faite.
  • La réutilisation de la matière ne nécessite pas ou peu de stock outil: une chaîne logistique qui repose sur la réutilisation d’emballages implique la fabrication et la mise en circulation d’un stock d’emballages plus important et dans tous les cas plus conséquents que le nombre d’emballages qui est effectivement utilisé pour conditionner des produits à un moment donné. Ceci est dû au fait que pendant que certains emballages sont utilisés pour le conditionnement des produits, d’autres sont dans des stations de lavage : réparation ou en cours d’acheminement vers des lieux de conditionnements. Le nombre d’emballages nécessaires dépend donc de l’efficacité de la chaine logistique mise en œuvre. La non-spécialisation de l’emballage dans le cadre de la réutilisation de la matière diminue de façon importante ce besoin de stock outil.
  • La réutilisation de la matière n’impose pas la destruction d’emballage en cas de changement de standard: Dans ce cas, les impacts d’un système de réutilisation de l’emballage dépendront de sa capacité à recycler la matière utilisée.

Il est donc particulièrement important, pour déterminer quel système de réutilisation, objet ou matière, est meilleur que l’autre sur le plan environnemental, de comparer pour chaque systèmes ces nombreux paramètres que sont la distance de la logistique retour, les taux de pertes, le nombre total de réutilisation, la méthode de lavage, la taille du stock outil …

C’est pour cette raison que même si une hiérarchie entre les deux systèmes de réutilisation existe dans les textes réglementaires européens, il est spécifié qu’elle peut être remise en cause s’il est démontré que le recyclage a moins d’impacts environnementaux.

Substitution des emballages plastiques

Les solutions d’emballage alternatives aux emballages plastiques basées sur des matières premières renouvelables sont recherchées par les conditionneurs, en particulier du fait de la mise en œuvre de la directive sur les plastiques à usage unique, mais aussi pour répondre à la demande des consommateurs. Une étude allemande a fait le point sur le potentiel de substitution des emballages plastiques par des solutions d’emballage en carton ondulé pour les pays de la région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) et évalué l’applicabilité à l’Europe.

L’étude est téléchargeable ici

Emballage et produit : une liaison particulière

Les emballages ont cette caractéristique de ne pas circuler vides et d’être fabriqués à proximité des lieux où les produits sont conditionnés : ils en sont les auxiliaires, les protègent, circulent avec eux et au final n’existent que par eux. Avec la mondialisation de l’économie et celle des flux de marchandises, la circulation des emballages est donc devenue mondiale.

Dès lors, les emballages usagés à recycler sur le sol français proviennent non seulement de la consommation de produits fabriqués sur le territoire national mais aussi de tous les produits importés déballés sur le territoire.

Sachant que les pays industrialisés ont confié à la Chine et aux pays asia­tiques le soin de produire un grand nombre de biens, nous sommes, la France comme les autres pays européens, les réceptacles d’une quantité considérable d’emballages dont il faut gérer la fin de vie.

Cependant, comme les emballages récupérés et triés représentent une source de fibres de cellulose, nécessaire à la fabrication de nouveaux emballages dans les pays producteurs de biens, un système circu­laire de flux s’est développé permettant le retour des emballages usagés vers l’Asie à défaut de retourner le matériau recyclé neuf. Aujourd’hui, ce sont les pays asiatiques, Chine en tête, qui assurent le recyclage final via la réutilisation de la fibre de cellulose dans la fabrication de nouveaux emballages.

Ainsi c’est dans le cadre de ce mécanisme de « retour au producteur » que les excédents nord-américains ou européens (7mt. pour l’UE) sont absorbés et que peut  se mettre en place une situation d’équilibre des flux au niveau mondial.

Le recyclage des emballages doit donc s’appréhender dans un cadre global, en relatif équilibre, qui subit naturellement les fluctuations de l’activité écono­mique et des échanges internationaux dont l’activité d’emballage est un indicateur avancé.

COMPRENDRE LE RECYCLAGE DES EMBALLAGES PAPIER-CARTON : L’EQUILIBRE MONDIAL

La contraction soudaine de l’activité à l’échelle du globe, en raison de l’épidémie de coronavirus, a d’ores et déjà des conséquences sur la disponibilité ou les prix des emballages à recycler en France. D’une certaine façon, cette situation exceptionnelle nous permet de mieux appréhender cette boucle mondiale – dans laquelle s’inscrivent les emballages ménagers récupérés sur le territoire national- qui régit désormais les flux d’emballages papiers et cartons à recycler et définit largement les conditions de leur équilibre.

Emballages et recyclage : un couple solide sur la durée

Cette économie circulaire à l’échelle du globe entre l’offre et la demande d’emballages à recycler comprend un mécanisme de rééquili­brage automatique : quand le besoin d’embal­lages diminue, le nombre de produits à déballer se réduit et conséquemment la matière dispo­nible pour réutilisation.

Cette autorégulation n’empêche pas cependant des décalages temporels ou géographiques qui créent des situations de déséquilibres temporaires.

Il faut savoir que le marché des emballages récupérés et triés à une capacité d’ajustement limitée : résul­tant de l’activité de consommation, les emballages à recycler ne sont pas à proprement parler des « pro­duits » au sens classique du terme, donc sensibles aux mécanismes de l’offre et de la demande. Il s’agit en fait conceptuellement de « déchets à traiter » dont la production (offre) ne peut être contrôlée, et qui par ailleurs, peuvent faire l’objet d’une contrainte insti­tutionnelle environnementale qui pousse au recyclage (REP).

Qui plus est, les acteurs de cette branche sont dis­tants : la production des emballages située là où sont fabriqués les produits, la génération des emballages à recycler là où se trouvent les consommateurs de ces biens ; le développement de la collecte ou les contraintes institutionnelles peuvent également varier sensiblement selon les zones géographiques.

Dans ce contexte, l’ajustement des déséquilibres pourra se faire via les marchés mais pas uniquement car dans ce process de « traitement » qui comprend collecte, massification, tri et recyclage final, des pres­tations payantes existent voire également des prises en charge de coûts là ou ont été mis des systèmes de REP et qui ont aussi un impact sur les niveaux d’offre et de prix.

Nous sommes donc dans un système ou la circularité existe mais n’est pas parfaite, d’où les déséquilibres passagers. Pour autant et globalement ce système mondialisé assure aux emballages usagés papier-carton, et quel que soit le lieu de déballage, de voir leur matière réutilisée dans la fabrication de nouveaux emballages. Le procédé de recyclage permettant une réutilisation très flexible (taille, formes des embal­lages) et très ouverte puisqu’il ne repose pas sur un retour de l’emballage pour réemploi mais plus large­ment de la matière qu’il contient et de sa réutilisation possible dans de nombreuses applications.

 

source : Revipac info 77 – http://www.revipac.com/

[Focus] Identification et promotion des produits en magasin : les présentoirs et Prêts-à-Vendre (PAV)

L’emballage est un support essentiel de marketing et de communication. Pour une identification et une promotion plus efficace, les présentoirs et Prêts-à-Vendre (PAV) sont des solutions en carton ondulé très efficaces ! En amont, ce sont des solutions adaptées au conditionnement des produits, en aval, ils permettent une mise en œuvre facile et rapide dans les points de vente.

Théâtraliser les lieux de vente et créer l’évènement

Les présentoirs ont pour objectif de théâtraliser certains espaces dans les lieux de vente et de promouvoir les produits et services qui leur sont associés. Pour ce faire, il existe différentes catégories de supports en carton ondulé : les emballages présentoirs au sol ou de comptoir, les stands d’animation ou de dégustation, les arches et totems, les frontons et silhouettes.

Chaque catégorie est conçue en fonction du format du point de vente et du type d’utilisation. Ces emballages constituent un pôle d’attraction et un repère pour les consommateurs qui peuvent ainsi identifier facilement et rapidement le produit ou le service recherché.

L’emballage « Prêt à vendre », une réponse apportée à la grande distribution.

Il peut également être nécessaire de mettre en avant vos produits dans le linéaire. Les emballages PAV ont été développés dans ce sens, tout en prenant en compte les contraintes de la grande distribution. Ils sont conçus pour être faciles et rapides à ouvrir tout en étant suffisamment robustes pour supporter les opérations de la chaîne d’approvisionnement. Cette facilité d’ouverture est garantie par des instructions simples, une qualité d’exécution, des manipulations aisées et une sécurité accrue pour les consommateurs et le personnel du magasin.

Comportant souvent deux pièces de carton, Les emballages PAV facilitent l’identification visuelle des produits aussi bien en magasin que sur les palettes dans les zones de stockage tout en limitant les informations non pertinentes pour le consommateur une fois faite la mise en rayon. Ils peuvent aussi se présenter sous forme de plateaux ou barquettes. Les plateaux sont adaptés à plusieurs types de présentation : vrac, blisters, post thermoformés, et être porteurs ou non. Ils nécessitent une surface de carton généralement limitée et peuvent être remplis manuellement ou automatiquement. Les barquettes sont utilisées pour les bouteilles, boîtes métal (conserve et cannette) et bocaux. Elles peuvent bénéficier d’une coiffe.

Des emballages présentoirs multifonctions pour une mise en œuvre facile

Ces emballages de présentation permettent dans un même temps de regrouper, protéger, transporter et promouvoir.

L’emballage présentoir ou PAV est le déclencheur de l’acte d’achat. Quand il n’est pas emballage, il devient signalétique, informe et conseille. La technologie utilisée dans l’industrie du carton ondulé permet une très grande flexibilité de mise en œuvre. Il est possible de produire rapidement ces emballages de 1 à plusieurs milliers d’exemplaires, de les livrer à plat, montés, vides ou prêts à l’utilisation avec des solutions copackées.

L’atout principal de ces emballages est de permettre l’approvisionnement de plusieurs unités de vente dans le magasin ou sur les rayons en une seule fois plutôt qu’unité de vente par unité de vente. Le gain de temps est conséquent, notamment pour des produits instables ou de petites tailles.

Créer l’évènement : une qualité visuelle

L’ingéniosité et la créativité de nos bureaux d’études sont des facteurs clés de la réussite de vos campagnes de publicité. Le carton ondulé se prête à toutes les technologies d’impression. Grâce à la diversité de ces techniques : impression numérique, sérigraphie, offset, flexographie pré ou postprint, il y a toujours une solution pour répondre aux besoins quantitatifs et qualitatifs des donneurs d’ordres.

Toujours prêts à créer l’évènement, les emballages présentoirs peuvent également être théâtralisés. Composés d’un ou plusieurs éléments, ils créent une ambiance particulièrement adaptée à votre produit et à votre campagne de communication.

Un outil de communication et de promotion durable

Les promotions sur les lieux de vente sont souvent de courte durée. Le carton ondulé est le matériau de l’architecture éphémère ! Il peut s’adapter à toutes les formes, tous les graphismes et toutes les couleurs, permettant la mise en place de véritables outils de promotion et est recyclable en fin de vie, afin de permettre la réutilisation de sa matière.

[covid19] Premier bilan…

La crise sanitaire a été pour notre industrie l’occasion de rappeler le rôle essentiel de l’emballage, mais également l’opportunité de démontrer son agilité et son adaptabilité, la capacité de ses entreprises à accompagner leurs clients, et de rappeler que les fabricants d’emballages en carton ondulé sont apporteurs de solutions pour concevoir des emballages durables, éco-conçus dans le cadre d’une économie circulaire performante.

S’adapter pour continuer à produire

À l’annonce du confinement, il a rapidement fallu s’organiser pour maîtriser le changement et l’incertitude. Même au plus fort de la crise, les outils de production ont continué à tourner, malgré la nécessité d’adapter les modes de fonctionnement aux contraintes sanitaires et celle de jongler avec un taux d’absentéisme parfois important.

Face à l’augmentation rapide et très fluctuante de la demande d’emballages dans les secteurs agroalimentaires, de l’hygiène et de la santé, les entreprises ont su réagir rapidement pour adapter leur production et apporter des solutions concrètes et personnalisées à leurs clients :

  • Elles ont notamment pu profiter de leur réseau d’usines, réparties sur tout le territoire français, afin de transférer des commandes en trop grand nombre sur d’autres sites ou de corriger des situations régionales contrastées.
  • Les processus décisionnels de validation ont été simplifiés et accélérés.
  • Les centres de tri ayant provisoirement arrêté de fonctionner, il a fallu sécuriser les approvisionnements de matière première avec les fournisseurs historiques ou en interne avec les divisions papier des groupes.
  • Le fort ancrage local des sites de production ont permis de profiter de réseaux de partenaires proches et réactifs.
  • Des solutions ont été trouvées là où d’autres emballages manquaient alors que le conditionnement ne pouvait pas attendre, dans le secteur des fruits et légumes notamment.

Ainsi, les clients des secteurs en activité ont pu trouver les emballages dont ils ont eu besoin, et il n’y a pas eu rupture d’approvisionnement.

S’adapter au monde de demain

En sortie de confinement, les niveaux de consommation sont peu à peu revenus à la normale, voire ont été stoppés le temps de consommer les stocks constitués.

La demande des secteurs essentiels durant le confinement a chuté et les autres secteurs d’activité ont commencé à reprendre, dans un contexte économique particulièrement difficile. Les entreprises se sont à nouveau réorganisées pour répondre à leurs clients traditionnels. Les niveaux normaux de production ne sont cependant pas revenus à la normale et les entreprises ont maintenant à faire face à une baisse d’activité sans précédent depuis de nombreuses années.

Une période difficile s’annonce donc. Elle interviendra cependant dans une période où les fabricants d’emballages en carton ondulé sont fortement sollicités par leurs clients afin de trouver des solutions de substitution à leurs emballages plastiques. Après avoir fait preuve d’agilité pour continuer à produire pendant la crise, il va à nouveau falloir en faire preuve pour répondre à ces demandes. Beaucoup de ces solutions sont à inventer ! Les entreprises de notre industrie sont fortes d’un grand savoir-faire et d’une expertise pointue pour tirer le meilleur parti de la flexibilité du carton ondulé. Il est certain qu’elles sauront proposer des réponses judicieuses, très adaptées à chaque demande, et recyclables.

[covid19] la filière carton ondulé, une filière stratégique !

Notre activité, traditionnellement peu médiatisée, montre son caractère stratégique en période de crise. Contrairement à la plupart des usines françaises, à l’arrêt depuis l’annonce par le président de la République de la mise en place du confinement le 16 mars dernier, les entreprises de la filière carton ondulé ont continué à produire des emballages essentiels aux chaines de distribution de biens essentiels comme les produits agro-alimentaires, d’hygiène et de santé.

20% d’absentéisme

Le premier défi auquel ont été confrontées les entreprises a évidemment été de mettre en place les mesures de protection de leurs salariés. Si le télétravail a pu être mis en place pour une catégorie de personnel, il était impossible pour la production.

Les gestes barrières, comme la distanciation sociale et l’utilisation de gel hydro-alcoolique, ont été adoptés dès le début de la pandémie. Les visites à l’intérieur de l’enceinte des usines ont été limitées et l’accueil des chauffeurs a été adapté. La mise en place de zones isolées ont par exemple permis de faciliter les opérations de désinfections et le roulement des équipes ont été modifiées afin d’éviter les croisements. Le manque cruel de masques a pu se faire sentir au début mais est aujourd’hui proche d’être solutionné dans toutes les usines.

Au final, les salariés du secteur se sont largement mobilisés pour remplir leurs missions malgré le stress généré par cette crise, et le taux d’absentéisme, dû aux personnes malades, fragiles ou devant garder leurs enfants, s’est stabilisé autour de 20 / 25 % selon les sites. Ils font eux aussi partie de ces héros de la seconde ligne !

Continuité de la production et adaptabilité

En ce qui concerne la production, les quinze premiers jours ont été intenses. Les demandes du secteur agro-alimentaire, qui est le premier débouché de notre secteur, mais également du secteur de l’hygiène, ont connu une hausse de 20 %, voire parfois plus 30 %, qui s’explique principalement par plusieurs phénomènes :

  • Le comportement des Français dans les magasins, qui ont massivement stocké,
  • La fermeture des restaurants, qui entraîne mécaniquement une augmentation de la consommation (alimentaire) vers des produits emballés,vendus en grande distribution,
  • Un effet stock de la part des industriels, qui souhaitent anticiper d’éventuels problèmes logistiques de livraison.

Dans le secteur des fruits et légumes, par exemple, ces phénomènes ont d’abord privilégié des produits comme la pomme de terre, puis se sont étendus aux autres productions nationales, car les français font plus de repas à la maison, mais on aussi plus de temps pour cuisiner des produits frais. Les fabricants de plateaux ont donc dû faire preuve de souplesse et de réactivité pour livrer très rapidement et réaffecter les livraisons en fonction des besoins et des disponibilités.

À cela s’est évidemment ajouté une demande soutenue du secteur de la santé ainsi que du e-commerce et du drive, canal de distribution vers lesquels se sont retournés en masse les français. Il a fallu faire preuve d’une adaptabilité importante car les flux se sont avérés assez hachés et extrêmement variables d’un jour sur l’autre.

Après cette première période d’adaptation, les choses se sont aujourd’hui stabilisées. L’agroalimentaire et les biens de première nécessité continuent de commander des cartons, mais la vague de stockage des consommateurs est passée et le rythme est redevenu plus normal. Le volume de production devrait être stable, voire déficitaire au cours de la deuxième quinzaine d’avril.

Cette hausse n’a cependant pas été suffisamment importante pour compenser la baisse de la demande des secteurs à l’arrêt, comme l’automobile, l’électronique ou la chimie. À ce jour, les usines fonctionnent en moyenne à 90%. Les secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmacie et de l’ e-commerce continuent de légèrement tirer la demande avec des hausses de 10 à 20 % par rapport à la normale, mais on peut estimer à 10 à 15 % la baisse totale des volumes produits. La situation est évolutive, certains secteurs fermés parlent de reprendre une activité, la consommation des ménages s’assagit et un déconfinement a été annoncé pour la mi-mai.

Chaque crise est source d’innovation !

Une crise est souvent source de nombreuses innovations puisqu’elle demande de s’adapter à de nouvelles contraintes. Le secteur du carton ondulé n’a pas dérogé à cette règle. Voici quelques produits développés par les entreprises de notre secteur :

Le groupe Smurfit Kappa a mis sur pied une nouvelle gamme de produits en carton pour lutter contre le virus du Covid-19

Le groupe britannique DS Smith, a fabriqué 100 000 maquettes d’avions et d’hélicoptères

Dans la gamme baptisée Design for Help, les cloisons de séparation en carton ondulé peuvent être utilisées sur le lieu de travail pour protéger les salariés qui
sont à proximité les uns des autres, mais également en milieu médical.

La gamme Design for Help comprendra également des lits en carton ondulé
pour les hôpitaux temporaires.

Ces maquettes en carton, à décortiquer, monter et colorier, sont offertes aux enfants, pour qu’ils puissent trouver une occupation pendant la période de confinement.

Un jeu concours a par ailleurs été organisé : les photos des plus belles créations pourront être postées sur Instagram et Facebook et celle qui recueillera le plus de likes recevra comme lot une maison en carton d’enfant, à monter et à dessiner.

Des Ehpad, mais aussi le Secours populaire ou encore des écoles accueillant les enfants du personnel soignant ont demandé à leur tour à se faire livrer des maquettes.

Le bureau d’études de Seyfert Champagne Palm Gruppe contribue également à la lutte contre le COVID-19 avec la conception de vestiaires en carton

Ces cabines permettent de fermer les vestiaires collectifs, favorisant les règles de distanciation et renforçant la sécurité des collaborateurs.

[Focus] Un emballage méconnu : l’emballage industriel

Le carton ondulé est très utilisé car il offre une solution efficace grâce à ses nombreuses qualités de solidité, de robustesse, de légèreté et de recyclabilité pour un coût optimal. En France, il représente plus du quart de l’ensemble des emballages produits, tous matériaux confondus. Les emballages en Carton Ondulé sont à 80% des emballages industriels et commerciaux, présents dans la plupart des secteurs de production et ont une position de leader dans l’emballage logistique.

Une part importante de ces emballages est utilisée dans le secteur agroalimentaire mais il est aussi utilisé dans toute l’industrie comme l’industrie automobile (et ses équipementiers), la chimie, les équipements électriques et électroniques, la cosmétologie, l’hygiène, la pharmacie, etc…

Les besoins des différents secteurs industriels et commerciaux, combinés aux différences de mode de conditionnement, de chaines de mécanisation de modes de transport, d’existence de ruptures de charge, de conditions de température et d’humidité et de conditions de stockage, ont conduit à développer différents types d’emballages adaptés.

Caisses de transport et calages

Les caisses dites « américaines » sont les emballages industriels les plus courants. Elles sont cependant de plus en plus remplacées par des caisses à fond automatique, ou avec des fermetures rapides. Ces caisses peuvent même devenir réutilisables quand il s’agit de faire des navettes entre un constructeur automobile et un de ses équipementiers par exemple. Il s’agit alors de concevoir des systèmes d’ouverture/ fermeture résistants, voire des clapets pour maintenir la caisse ouverte pendant l’utilisation de son contenu !

Afin d’adapter ce type de caisses aux formes de chaque produit et lui éviter de bouger dans l’emballage, il est nécessaire de mettre en œuvre des calages. Leur conception doit alors à la fois s’adapter parfaitement au produit et présenter une rapidité de mise en place. Certains emballages plus élaborés peuvent s’adapter en taille et en forme et contenir des calages intégrés.

Caisses palettes

Pour les plus gros objets ou les conditionnements lourds, la caisse est directement adaptée sur une palette ou l’intègre. Ces emballages peuvent être modulaires, livrés à plat ou montés et sont particulièrement résistants, la triple cannelure trouvant particulièrement sa place dans ces applications.

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Octabins et emballages de produits pulvérulents

L’Octabin est un système d’emballage qui possède des caractéristiques remarquables. Ce sont des silotainers octogonaux réguliers ou irréguliers, destinés au transport et au stockage des produits en vrac (de 500 à plus de 1000 kg) tels que les granulés, les pulvérulents, etc., principalement utilisés dans le secteur de la chimie. L’Octabin permet de rationaliser la logistique des expéditions en vrac. Ces conteneurs utilisent moins de place à volume égal. Les composants des Octabins sont livrés à plat chez le client. Ils présentent ainsi un faible encombrement au stockage.

Palettes

Même les palettes peuvent être conçues en carton ondulé. Que ce soit des palettes de transport qui supportent des charges allant jusqu’à 700 kg, ou des palettes d’inter couches qui supportent des charges allant jusqu’à 200 kg, le poids des palettes carton varie de 3 à 6 kg, comparés aux 23 à 30 kg pour des palettes en bois ou plastique. Ces palettes carton, parfois conçues pour être réutilisées, sont donc ergonomiques, robustes et non blessantes. Elles s’avèrent particulièrement utiles en intercouche, du fait de leur légèreté, mais présentent également un intérêt hygiénique du fait de leur usage unique.

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