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Impacts du réemploi sur la chaîne d’approvisionnement

Le cabinet Deloitte a mené, pour le compte de la Fédération européenne des fabricants de carton ondulé (FEFCO), une étude examinant l’impact potentiel du remplacement du carton ondulé par des emballages réemployables, en se concentrant sur les aspects logistiques, notamment le transport et le stockage. L’analyse s’appuie sur deux études de cas liées aux emballages de regroupement pour biscuits et aux emballages de meubles lourds en kit.
Un modèle analytique compile les informations issues d’entretiens avec l’industrie et des données de la littérature, pour fournir des informations quantitatives et qualitatives.
Principales conclusions
Des obligations légales imposant le réemploi entraîneraient d’importants défis logistiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que de nombreux problèmes pratiques. Ce serait non seulement un défi pour les acteurs du marché, mais la charge pour les consommateurs finaux pourrait être importante. Enfin, cela pourrait augmenter les impacts sur l’environnement.

Les principales conclusions :

« Réduire la quantité de matériaux d’emballage à usage unique semble être l’action durable évidente à entreprendre. Cependant, lorsque l’on analyse la chaîne d’approvisionnement de plusieurs études de cas, les avantages économiques et même environnementaux des matériaux d’emballage réemployables ne sont pas systématiques. Le modèle analytique souligne que les avantages logistiques d’emballages à usage unique légers, bien recyclés et personnalisables peuvent être plus importants que les avantages d’utiliser moins de matériaux via des emballages réemployables. »

Pour télécharger le résumé des résultats : cliquer ici

Pour consulter le rapport : cliquer ici

Avantages environnementaux du réemploi versus l’usage unique : l’ADEME a essayé de trancher en 2022

Le réemploi est-il meilleur que l’usage unique en termes de performance environnementale ? les analyses de cycle de vie (ACV) fleurissent, les experts s’invectivent, le débat a besoin d’un arbitre. En 2022, l’ADEME a mené une revue bibliographique d’ACV comparatives, afin d’identifier si certaines solutions d’emballages sont plus pertinentes que d’autres d’un point de vue environnemental, et sous quelles conditions.

L’ADEME a sélectionné 39 ACV selon des critères de robustesse méthodologique, de représentativité temporelle et de diversité des emballages couverts, dont elle a fait une analyse détaillée.

À partir des publications retenues pour leur comparaison entre emballages réemployables et à usage unique, l’ADEME indique que les résultats des ACV sont fortement dépendantes des paramètres clés de chaque cas de figure, comme :

  • Le nombre de réemplois.
  • La distance entre le lieu de distribution et le lieu de lavage des emballages réemployables.
  • L’efficacité et les paramètres du lavage pour les emballages réemployables,
  • Le taux de recyclage et/ou taux d’incorporation de recyclés pour les emballages à usage unique.
  • La masse relative des emballages comparés.

En particulier, pour les deux typologies d’emballages que sont les bouteilles pour boisson et les caisses, lorsque la comparaison est faite entre des emballages (réemployables vs. à usage unique) composés de différents matériaux, l’ADEME indique qu’il ne semble pas possible de conclure sur la pertinence du scénario de réemploi par rapport à l’usage unique. L’agence précise que la pertinence d’utiliser des caisses en plastique réemployables est […] d’autant plus importante que les distances de transport entre les lieux de distribution et de lavage sont faibles (par exemple, avec un maillage géographique important de centres de lavage), que les techniques de lavage sont performantes et que les caisses réemployables sont recyclées lorsqu’elles ne sont plus réutilisées.

L’ADEME arrive à la conclusion qu’au regard de la diversité des comparaisons analysées, les résultats ne peuvent pas être tranchés ni généralisés et dépendent fortement des valeurs des paramètres clés cités plus haut.

Elle note en particulier que certains paramètres pourraient être mieux étudiés :

  • Un focus particulier serait à faire sur les derniers kilomètres de transport, souvent non étudiés dans les ACV.
  • Le format de l’emballage, peu étudié, qui a une influence en termes de quantité d’emballage par unité de produit mais aussi en termes de quantité de produit qui peut être transporté.

Concernant les catégories d’impact analysées, L’ADEME note que l’impact sur la biodiversité est très rarement traité, bien que ce soit un enjeu environnemental majeur, du fait de l’absence de consensus méthodologique sur ce point.

L’ADEME pointe finalement le fait que la mise en place de certains systèmes d’emballages à large échelle pourrait modifier les organisations logistiques actuelles, les mécanismes de marché, les filières, etc. La prise en compte des impacts conséquents à ces modifications à grande échelle nécessitera à l’avenir de mener également des ACV conséquentielles.

Pour télécharger ces études : rapport de la tache 2 et annexerapportannexe

Revoir la hiérarchie des modes de traitement des déchets ?

Principe directeur des politiques européennes, la hiérarchie des modes de traitement des déchets établit un ordre de priorité applicable à la législation et aux politiques en matière de prévention et de gestion des déchets. Cette notion est la pierre angulaire des politiques et législations européennes relatives aux déchets et est définie par la directive cadre de l’Union européenne (UE) sur les déchets (directive 2008/98/CE). Sa structure pourrait cependant être revue.

Les principes de la hiérarchie

L’objectif d’établissement de cette hiérarchie était double :

• réduire à un minimum les incidences négatives de la production et de la gestion des déchets,
• et rendre plus efficace l’utilisation des ressources.

Cette hiérarchie est souvent présentée sous la forme d’une pyramide inversée, où les meilleures options sont situées en haut et où celles en bas correspondent aux solutions de gestion des déchets à n’utiliser qu’en dernier recours. Les différentes options sont :

• La prévention : toute mesures prises avant qu’une substance, une matière ou un produit ne devienne un déchet et réduisant la quantité de déchets, les effets nocifs des déchets produits sur l’environnement et la santé humaine ou la teneur en substances nocives des matières et produits.

• La préparation en vue du réemploi : toute opération de contrôle, de nettoyage ou de réparation en vue de la valorisation, par laquelle des produits ou des composants de produits qui sont devenus des déchets sont préparés de manière à être réutilisés sans autre opération de prétraitement.

• Le recyclage : toute opération de valorisation par laquelle les déchets sont retraités en produits, matières ou substances aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Cela inclut le retraitement des matières organiques, mais n’inclut pas la valorisation énergétique, la conversion pour l’utilisation comme combustible ou pour des opérations de remblayage.

• Une autre valorisation (par exemple valorisation énergétique) : toute autre opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie.

• L’élimination : toute opération qui n’est pas de la valorisation même lorsque ladite opération a comme conséquence secondaire la récupération de substances ou d’énergie (par exemple la mise en décharge, l’incinération).

Si cette hiérarchie semble claire et absolue, la réglementation précise toutefois que l’on peut y déroger si on démontre par une approche au niveau cycle de vie que les impacts environnementaux seront moins importants. Ainsi, le paragraphe 2 de l’article 4 de la directive cadre sur les déchets prévoit ceci :
« Lorsqu’ils appliquent la hiérarchie des déchets visée au paragraphe 1, les États membres prennent des mesures pour encourager les solutions produisant le meilleur résultat global sur le plan de l’environnement. Cela peut exiger que certains flux de déchets spécifiques s’écartent de la hiérarchie, lorsque cela se justifie par une réflexion fondée sur l’approche de cycle de vie concernant les effets globaux de la production et de la gestion de ces déchets. »

Il est donc possible, et même souhaitable dans la réglementation, puisque les états-membres doivent prendre des mesures, de favoriser les méthodes de traitement ayant le moins d’impacts sur l’environnement même si cela ne correspond pas à la hiérarchie de la directive.

Une hiérarchie à revoir

Dans le cadre des futures révisions de la directive-cadre sur les déchets, compte-tenu des principes prévalant au concept d’économie circulaire (cf. notre article sur les ressources), il est envisageable de revoir la structure de la hiérarchie des déchets.

En effet, dans l’état actuel des choses, la hiérarchie donne la priorité aux méthodes de prévention des déchets en fonction des prétendus avantages environnementaux qu’elles apportent, plaçant la réutilisation au-dessus du recyclage. Or, une série d’études récemment publiées[1] ont permis de montrer que la réutilisation n’est pas toujours l’option la plus bénéfique pour l’environnement. L’Ademe, dans sa revue bibliographique d’analyses de cycle de vie (ACV) comparatives entre usage unique et réemploi (Voir notre article ici), arrive à la conclusion qu’au regard de la diversité des comparaisons analysées, les résultats ne peuvent pas être tranchés ni généralisés et dépendent fortement des valeurs des paramètres clés comme les distances de transport, Le nombre de réemplois. Le lavage ou le taux de recyclage.

Par conséquent, privilégier automatiquement une méthode de prévention des déchets plutôt qu’une autre crée une structure rigide, malgré l’existence de la dérogation. En permettant que les deux mesures de réutilisation des ressources soient considérées de manière égale, il sera plus facile d’obtenir le meilleur bénéfice environnemental. Une telle révision permettra de continuer à renforcer les efforts de prévention des déchets en affichant clairement dans la hiérarchie des déchets la nécessité d’études et d’évaluations fondées sur des données probantes pour faire un choix entre réemploi et recyclage. Cette mesure est de nature à faciliter une évaluation efficace de la mesure la mieux adaptée à des cas spécifiques.

[1] FEFCO Comparaison emballages de transport de fruits et légumes à usage unique et réemployable : ici

EPPA Comparaison des emballages usage unique et remployables pour la restauration à emporter : ici

Une question de ressource

Le constat fait aujourd’hui l’unanimité : les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés nous imposent de rompre avec le modèle linéaire de production/consommation « extraire, transformer, consommer, jeter ». Mais la société et le législateur ont trop pensé à cette question de la diminution de nos impacts sur l’environnement sous l’angle de la diminution de la quantité de déchets, alors qu’il faudrait l’envisager surtout en termes d’utilisation des ressources.

Dans une économie circulaire : gestion de la ressource …

Le constat que nos ressources naturelles fossiles et minérales s’amenuisent appelle la mise en place d’une économie circulaire, dont l’objectif est avant tout de supprimer les impacts environnementaux liés au cycle de production initial de la matière (extraction, transformation, transport) qui représente l’essentiel des impacts d’un produit.

Pour cela, il est nécessaire :

  • de limiter le prélèvement sur nos ressources naturelles,
  • de prolonger l’usage de cette ressource le plus longtemps et le plus efficacement possible.

 

Les conditions de réussite de la mise en place d’une économie circulaire reposent donc autant sur une minimisation de l’extraction que sur l’efficacité d’usage, c’est-à-dire la mise en place d’un système efficace de récupération et de réutilisation de cette ressource, par exemple en termes de taux de récupération, de vitesse de rotation, de durée d’usage…, qui peuvent varier en fonction des produits et des services rendus par ces produits.

… et des déchets sous contrôle.

Une fois les systèmes établis et l’usage circulaire de la ressource mis en place de la façon la plus efficace possible, il n’est pas différenciant en termes d’efficacité ou de circularité que cette ressource passe ou non par un statut de déchet. Cela dépend uniquement de l’organisation établie.

En effet, on peut soit réutiliser directement le produit fabriqué avec la ressource (par exemple l’emballage lui-même, et on ne passera alors pas par un statut de déchet) soit récupérer et réutiliser la matière constitutive du produit usagé et « jeté » (par exemple en recyclant la matière de l’emballage). L’objet passera alors par un statut de déchet, dans la mesure où l’on considère, par convention, qu’il est mis au rebus. Mais, dans un système d’économie circulaire, ce « déchet » n’est pas ultime et constitue une matière première dite secondaire. Le choix entre les différentes solutions devra se faire en fonction de l’efficacité de chaque système et le passage par un statut juridique particulier ne change normalement pas ces paramètres.

Pour autant, la question des déchets reste un problème dans nos sociétés, pour deux raisons distinctes :

  • Au niveau des impacts environnementaux, ce qui est problématique et doit être analysé, ce n’est pas tant la quantité totale de déchets mais les déchets problématiques, soit qu’il s’agisse de déchets sauvages (c’est à dire de produits usagés abandonnés dans la nature, problématique dont s’est particulièrement saisie la directive Single Use Plastic), soit qu’il s’agisse de résidus et déchets ultimes ne pouvant pas être circularisés.
  • Au niveau économique et sociétal, ils sont encombrants et leur gestion est complexe. L’organisation et le financement de la circularité des ressources avec ou sans passage par le statut de déchet n’impliquent effectivement pas les mêmes acteurs. Pour autant ils sont nécessaires dans les deux systèmes.

 

Un problème déplacé mais non résolu

En ce qui concerne les déchets d’emballages, apparait la solution d’en réduire les quantités, voire de les supprimer complètement. Puisqu’il n’est pas possible de supprimer les emballages, les politiques publiques s’orientent donc naturellement vers la facilitation de la mise en place de l’autre mode d’organisation de la circularité, sans passage par le statut de déchet : le réemploi de l’objet.

Dans la réalité, faire appel à des emballages réemployables va demander, comme dans le cas du recyclage, de mettre sous contrôle et de gérer un flux de produits, qui ne seront effectivement plus considéré comme des déchets, mais resteront une source d’encombrement et de coûts.

L’utilisation efficace d’emballages remployables nécessitera la prise en charge physique de flux afin de les récupérer pour les remettre en circulation et éviter les abandons ou pertes. Il y aura donc toujours des opérations de collecte et de tri, suivies d‘opérations de contrôle, de nettoyage et de réparations. Cela aura nécessairement un coût. Pour assurer la disponibilité de ces emballages, faire face aux pics de consommation et préserver la fluidité de la circularité, des espaces de stockage seront également nécessaires à différentes étapes.

Pour les deux systèmes, la gestion des flux dans leur dimension physique est donc assez similaire. Les deux modes de gestion coexistent d’ailleurs déjà dans le monde industriel, mis en place de longue date en fonction d’arbitrages économiques et logistiques et de façon efficace. Coût et encombrement ne sont pas supprimés mais sont déplacés de l’espace public vers celui des entreprises et du consommateur. Sans compter que les emballages réemployables ne pourront pas l’être indéfiniment. Cassés, trop abimés ou perdus, ils deviendront alors eux aussi déchets, prêts à rentrer dans un schéma de circularité via le recyclage.

Tout ceci ne présume cependant pas de la deuxième condition de la mise en place d’une économie circulaire : prolonger de façon efficace l’utilisation de la ressource. Le déplacement des problématiques logistique et économique de la sphère sociale vers la sphère économique permet-il une utilisation plus efficace des ressources et une meilleure organisation de la circularité, incluant un moindre impact environnemental ? Cette question doit évidemment être tranchée.

La motivation première des règlementations mise en place ou en réflexion devrait, avant tout, être de permettre l’usage efficace des ressources extraites, dans des systèmes qui seront nécessairement multiples, adaptés aux différentes situations et le mieux à même de diminuer nos impacts sur l’environnement, tout en pilotant les déchets sauvages et en assurant la diminution des déchets ultimes.

L’enfer est pavé de bonnes intentions

On observe aujourd’hui dans le discours politique l’émergence de solutions « simples » concernant l’emballage, pour diminuer la quantité de déchets générés, encombrant et onéreux notamment pour les collectivités. Ces propositions, qui par ailleurs ne tiennent pas compte du fait que l’emballage n’est pas un produit de consommation comme un autre (il n’est qu’un auxiliaire du produit qu’il sert à protéger) et que la quantité de déchets qu’il génère dépend très directement de la quantité de produits consommés, se retrouvent dans de nombreux textes réglementaires ou projets en cours. Or, ces idées, parfois séduisantes au premier abord, sont parfois à la limite de la frontière entre simple et simpliste, et pour certaines, peuvent provoquer l’effet inverse de ce qu’elles espèrent résoudre.

Moins d’emballages individuels et standardiser les formats

Il y a « trop d’emballages », notamment de petite contenance, en portions individuelles par exemple. Il faudrait les supprimer au profit de formats plus gros, produisant au total moins de déchets. Or, l’impact d’un emballage est faible par rapport à celui du produit qu’il contient, et il participe à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Les petites portions peuvent permettre l’usage nomade ou encore limiter les pertes : certains produits doivent être consommés rapidement après ouverture, un grand format multiplie alors les risques de gaspillage en cas de vitesse de consommation insuffisante… Finalement, le gain environnemental de la consommation complète du produit dépasse l’impact de la quantité d’emballage supplémentaire.

L’emballage doit aussi tenir compte des besoins du consommateur et ses fonctionnalités doivent être adaptées.

 

Focus :

  • Le mythe du « trop d’emballage » lien
  • Emballage et gaspillage alimentaire – Conseil National de l’Emballage lien

Développer des emballages compostables

Certains pensent par exemple que le compostage est une bonne solution pour régler les problèmes de déchets d’emballage : on renvoie la matière dans la nature.

Mais ce retour au sol se fera en apportant peu d’avantages agronomiques : les cartons peuvent être utilisés pour équilibrer les apports entre matières azotées et matières carbonées dans les composteurs. Ils vont aussi absorber une partie de l’humidité des déchets frais. Mais cet avantage peut être apporté de façon plus efficace par des matières brunes riches en carbone, ligneuses et plus grossières : des branches (broyées ou au moins réduites en petits tronçons), des brindilles ou des feuilles sèches, etc.

À contrario, Il est important de rappeler que les emballages papier carton sont recyclables dans une boucle quasi fermée. Ainsi les papiers et cartons récupérés seront utilisés pour fabriquer de nouveaux emballages, augmentant l’efficacité d’usage de la matière naturelle qui a été extraite : la fibre de cellulose. En les dirigeant vers des composteurs, la fibre de cellulose sera dégradée et ne pourra plus être réutilisée pour son usage initial, nécessitant de faire appel à de nouvelles ressources pour fabriquer les emballages nécessaires.

Le compostage n’est donc pas la solution la plus performante pour la gestion des ressources. En termes d’économie circulaire, il est plus judicieux d’orienter les vieux papiers et cartons vers le bac de tri.

Focus :

  • Note de position – Conseil National de l’Emballage : lien
  • Fiche pratique compostage et emballage – Conseil National de l’Emballage : lien

 

Il faut supprimer les emballages, en vendant les produits en vrac …

La distribution de produits en vrac ne supprime pas l’emballage :

  • L’emballage existe en amont de la phase de distribution puisque le lieu de vente du produit est différent de son lieu de production. Un système d’emballage est donc nécessaire pour le stocker, le protéger, l’identifier, l’acheminer…
  • Il existe également en aval : qu’il soit à usage unique ou réemployé, cet emballage est nécessaire au consommateur pour ramener le produit à son domicile.

D’ailleurs, le secteur de la distribution en vrac, qui travaille depuis de nombreuses années à régler ses problématiques d’hygiène, de traçabilité ou de coûts, a trouvé des partenaires dans le secteur de l’emballage, qui ont pu apporter certaines solutions en concevant des emballages spécifiques.

Focus : Vrac : les solutions peuvent venir de l’emballage ! : lien

… ou en réemployant

Il peut sembler assez évident qu’il suffit de réemployer les emballages pour ne pas générer de déchets et limiter les impacts environnementaux.

L’emballage réemployable ne passant pas par le statut de déchet, il est sans conteste que leur usage en diminuerait les quantités. Mais dans la réalité, faire appel à des emballages remployables va demander, comme dans le cas du recyclage, de mettre sous contrôle et de gérer un flux de produits, qui resteront une source d’encombrement et des coûts :

  • Cela nécessitera la prise en charge physique de flux afin de récupérer les emballages pour les remettre en circulation et d’éviter les abandons ou pertes.
  • Pour assurer la disponibilité de ces emballages, faire face aux pics de consommation et assurer la fluidité de la boucle, des espaces de stockage seront nécessaires à différentes étapes de la boucle de réemploi.
  • Il y aura toujours des opérations de collecte et de tri, suivies d’opérations de contrôle, de nettoyage et de réparations, qui auront nécessairement un coût.

Coût et encombrement ne sont donc pas supprimés mais déplacés, notamment de l’espace public vers celui des entreprises.

Par ailleurs, les emballages papier carton ne sont pas à usage unique : on en réutilise la matière. La différence d’impact environnemental entre le réemploi et la réutilisation de la matière dépend de nombreux paramètres : les distances à parcourir pour remplir à nouveau ou recycler les emballages vides, la quantité d’eau ou de produits utilisés pour laver les emballages ou recycler le carton, le poids de l’emballage (qui doit nécessairement être plus robuste pour être utilisé plusieurs fois), le nombre d’emballages nécessaires pour être certain d’en disposer au moment où on en a besoin … Tout cela a un impact sur l’environnement et doit être considéré pour définir le modèle le plus pertinent en termes d’impact sur l’environnement.

Focus : Réemploi vs recyclage : deux solutions complémentaires : lien

Certaines ACV ont montré que des emballages réemployables pouvaient être finalement moins vertueux.

Pour limiter les externalités négatives des emballages, comme la gestion des déchets, il n’y a pas de solution unique ou miracle. Le juste emballage est un concentré d’expertise, qui se définit sur mesure !

Une feuille de route pour la neutralité climatique du carton ondulé

Dans un contexte où la sensibilisation et les attentes des consommateurs autour des emballages augmentent, et où le changement climatique devient une préoccupation majeure, la FEFCO a présenté fin novembre 2022 un plan de la filière carton ondulé pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.
Ce travail répond à l’objectif du Green Deal de l’UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % d’ici 2050. L’industrie européenne du carton ondulé est circulaire par nature et s’est toujours engagée en faveur d’une croissance durable. Cette nouvelle ambition impressionnante reflète ses efforts continus pour préserver l’environnement et réduire les émissions de GES.
S’appuyant sur les réalisations passées et un travail d’analyse approfondi, cette feuille de route présente les étapes clés, les scénarios les plus plausibles, les investissements requis et les mesures politiques nécessaires pour atteindre cet objectif.
Les principales conclusions sont que l’industrie du carton ondulé peut réduire ses émissions de carbone grâce à des actions directement sous son contrôle d’ici 2050 par rapport au statu quo par :
• Des améliorations de l’efficacité d’usage des matériaux et de la circularité qui réduiraient l’empreinte de 3,3 Mt CO2eq. (ou 19 %); et
• De nouvelles améliorations de l’efficacité énergétique et la décarbonisation du mix énergétique qui réduiraient l’empreinte de 2,8 Mt CO2eq supplémentaires. (ou 16%).

Au-delà de l’action directe, l’engagement collectif de la chaîne de valeur élargie permettra au carton ondulé de devenir neutre en carbone, voire négatif en carbone. Notamment, l’essentiel des réductions doit se faire en amont, et notamment en réduisant l’empreinte climatique de la production de papier. La réduction de l’empreinte carbone du secteur du papier (fossile) de 80 % d’ici 2050 (conformément à la feuille de route actuelle de l’industrie du papier) permettra au secteur du carton ondulé d’atteindre la neutralité climatique.

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Les ambitions de la feuille de route pour la neutralité climatique de la filière carton ondulé ne peuvent être atteintes que si les conditions favorables suivantes sont réunies :
• Un cadre réglementaire prévisible et stable pour piloter les investissements
• La disponibilité d’énergies abordables et respectueuses du climat
• Une infrastructure énergétique adéquate et robuste
• Des politiques et mesures pour permettre la décarbonisation du secteur du papier
• Des politiques et mesures pour permettre la décarbonation du secteur des transports
• Des politiques de recyclage pour améliorer la qualité des flux de déchets.

Feuille de route pour la neutralité climatique d’ici 2050 :
Présentation synthétique (en français) : ici
Le rapport complet (en anglais) : ici

PPWR : la position de la FEFCO (fédération européenne du carton ondulé)

La profession reconnaît l’ambition de la Commission de contribuer à une économie circulaire neutre pour le climat par le biais de la proposition de règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR). Cette législation devrait cependant garantir que les mesures proposées remplissent leur objectif principal : « réduire les impacts environnementaux négatifs des emballages et des déchets d’emballages, tout en améliorant le fonctionnement du marché intérieur ».

Nous souhaitons donc souligner les aspects clés de la proposition qui nécessitent une discussion plus approfondie et recommander des solutions réalistes et réalisables :

      1. La réutilisation et le recyclage doivent être considérés comme complémentaires, les objectifs de réutilisation doivent être réalistes et avoir un impact positif pour l’environnement, la société et l’économie.
      2. Les mesures de prévention des déchets sont essentielles, mais les restrictions du marché doivent être évaluées pour s’assurer qu’elles n’augmentent pas l’impact environnemental et le gaspillage alimentaire.
      3. Autres questions clés :
        a. Le contenu en recyclé obligatoire ne devrait être fixé que pour les emballages en plastique.
        b. Les objectifs de prévention et les limites d’emballage excessifs doivent être réalistes et favoriser la compétitivité.

Nous détaillons ces positions ci-dessous :

1. La réutilisation et le recyclage doivent être considérés comme complémentaires, les objectifs de réutilisation doivent être réalistes et avoir un impact positif pour l’environnement, la société et l’économie.

Les objectifs de réutilisation proposés dans le PPWR risquent de compromettre l’objectif du plan d’action sur l’économie circulaire fixé lors de la révision de la directive 94/62/CE « pour garantir que les emballages sur le marché de l’UE soient réutilisables ou recyclables de manière économiquement viable d’ici 2030 ».

Nous demandons que le réemploi et la recyclabilité soient considérées comme des mesures complémentaires pour parvenir à la circularité dans le secteur de l’emballage et soutenir les systèmes et matériaux durables existants.

Des objectifs de réutilisation élevés (article 26) déclencheront le remplacement des emballages papier carton par des emballages en plastique, pour lesquels le recyclage est déjà un défi. Cela créera un monopole pour les emballages en plastique, inondera le marché de milliards de tonnes de plastique non recyclable et augmentera la dépendance de l’UE vis-à-vis des ressources fossiles. En conséquence, cela aggravera considérablement l’impact environnemental des emballages, ne remplissant pas l’objectif principal du PPWR.

Plusieurs études scientifiques ont prouvé que la réutilisation n’est pas toujours meilleure pour l’environnement. La réutilisation peut avoir des impacts environnementaux plus élevés que les emballages recyclables et effectivement recyclés. Une ACV comparative récente, évaluée par des tiers indépendants, et plusieurs autres études ont effectivement révélé que :

  • Les systèmes d’emballage en carton ondulé sont moins impactant que les caisses en plastique réutilisables dans 10 des 15 catégories d’impact environnementaux, y compris le changement climatique [1].
  • La distance de transport joue un rôle crucial dans l’impact environnemental de nombreux secteurs [2].
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  • Les caisses en plastique réutilisables doivent être réutilisées au moins 63 fois pour surpasser les plateaux en carton ondulé sur le changement climatique1, ce qui nécessite une utilisation continue de ces caisses pendant une durée de 15 à 20 ans.
  • L’empreinte carbone des plateaux en carton ondulé est plus performante que celle des caisses en plastique réutilisables lors du transport international de tomates [3].
  • Des taux de retour et des rotations insuffisants, ainsi que les installations de lavage [4], augmentent également l’impact environnemental de la réutilisation [5].
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De plus, les systèmes de réutilisation nécessitent un niveau élevé de standardisation des emballages, augmentant considérablement la quantité d’emballages nécessaires pour répondre à la gamme de produits attendue. Cette approche sape l’innovation des produits, limite la concurrence, crée de nombreuses difficultés logistiques et risque d’augmenter les emballages excessifs.

Les emballages en papier et carton sont les emballages les plus recyclés dans l’UE avec un taux de recyclage supérieur à 80 %, dans un système existant qui fonctionne bien. Ils contiennent en moyenne 80% de matière recyclée, allant jusqu’à 89 % [6] pour le carton ondulé, qui représente la majeure partie des emballages de transport et de regroupement visé par l’article 26.

Les entités économiques utilisant des emballages recyclés à l’échelle (selon la définition de l’article 6 du projet) et ayant un taux de recyclage élevé devraient être exemptés d’obligation de réemploi sur la part de ces emballages.

2. Les mesures de prévention des déchets sont essentielles, mais les restrictions du marché doivent être évaluées pour s’assurer qu’elles n’augmentent pas l’impact environnemental et le gaspillage alimentaire.

Les mesures de prévention des déchets sont essentielles, mais les restrictions doivent être évaluées pour s’assurer qu’elles n’augmentent pas l’impact environnemental et le gaspillage alimentaire. La proposition actuelle de PPWR ne tient pas compte de l’impact environnemental des alternatives réutilisables qui peuvent être plus préjudiciables.

Le but de l’emballage est de protéger, préserver et promouvoir un produit. L’interdiction de tous les emballages recyclables à usage unique pour les fruits et légumes (contenant moins de 1,5 kg) à l’article 22, annexe V, pourrait saper cet objectif et avoir un impact négatif sur l’économie et l’environnement :

    • Une alternative sera le transport en vrac qui conduira à plus de déchets alimentaires. Les emballages réutilisables n’existent pas actuellement pour cette application et pourraient ne pas être une option économiquement viable.
    • La perte ou l’endommagement d’un produit emballé a un impact environnemental plus important que les économies réalisées en retirant l’emballage lui-même, tant en termes de ressources utilisées que d’émissions créées. Dans le cas des aliments, par exemple, les emballages ne représentent généralement que 3 à 3,5 % de l’empreinte carbone d’un produit alimentaire ou d’une boisson, de sorte que tout gaspillage alimentaire supplémentaire causé par un manque d’emballage inadéquat peut entraîner une augmentation des émissions.
    • Assurer l’hygiène et la sécurité alimentaire sont deux fonctions essentielles des emballages alimentaires qui sont facilitées par les emballages recyclés à usage unique. Des recherches menées par l’Université de Bologne [7] ont révélé que les emballages en carton ondulé peuvent prolonger la durée de conservation des produits alimentaires frais jusqu’à trois jours par rapport aux caisses en plastique réutilisables et peuvent réduire considérablement la contamination par des micro-organismes pathogènes et d’altération. Les emballages réutilisables pour les fruits et légumes, en revanche, peuvent propager la contamination, entraînant une augmentation du gaspillage alimentaire.
    • Le conditionnement pour moins de 1,5kg de fruits et légumes frais permet de protéger les produits les plus fragiles mais aussi d’éviter les manipulations par le consommateur (pressions ou altérations pour évaluer le degré de maturité par exemple), qui abîment les produits et conduisent au gaspillage (les produits endommagés ne seront pas vendus)
    • Enfin, ces emballages sont le seul moyen pour les producteurs, auxquels la grande distribution en France impose la caisse plastique réutilisable neutre, de valoriser leur produit et leur mode de production.

3. Autres questions clés.

a. Le contenu en recyclé obligatoire ne devrait être fixé que pour les emballages en plastique.

Le plan d’action sur l’économie circulaire stipule que « pour accroître l’utilisation des plastiques recyclés et contribuer à une utilisation plus durable des plastiques, la Commission proposera des exigences obligatoires en matière de contenu recyclé et des mesures de réduction des déchets pour les produits clés tels que les emballages, les matériaux de construction et les véhicules ».

Si l’objectif global est d’augmenter la quantité de plastique recyclé (article 7), de telles exigences ne devraient être fixées que pour les emballages en plastique, par opposition à « la partie en plastique » de tous les emballages. Cette dernière étend le champ d’application de l’exigence à tous les polymères utilisés sur tout emballage, fixant une mesure qui n’a pas été évaluée par l’analyse d’impact. De plus, les polymères utilisés par exemple dans les encres, les adhésifs, les revêtements ne peuvent pas être produits à partir de « contenu recyclé récupéré à partir de déchets plastiques post-consommation » avec la technologie actuellement disponible.

b. Les objectifs de prévention et les limites d’emballage excessif doivent être réalistes et favoriser la compétitivité

Nous soutenons l’intention de la Commission de proposer des objectifs de réduction des déchets (article 38) et le taux d’espace vide pour les emballages groupés, de transport et de commerce électronique (article 21). Concernant la réduction de l’espace vide, l’industrie du carton ondulé travaille déjà avec ses clients pour minimiser l’espace vide en fournissant des emballages optimisés et adaptés à l’usage.

Cependant, ces mesures doivent être réalisables. Concernant la réduction des déchets, l’évaluation de la Commission publiée dans l’analyse d’impact montre qu’avec un objectif de réduction de 4 %, tous les matériaux seront confrontés à une réduction significative de la production d’emballages, à l’exception du plastique. Les emballages plastiques devraient croître de 17 % sur la même période [8]. Cela rend l’article contre-productif par rapport à l’objectif du plan d’action pour l’économie circulaire, permettant au matériau avec le taux de recyclage le plus bas de croître dans la production et d’augmenter son impact négatif sur l’environnement.

L’espace vide est un problème de chaîne d’approvisionnement, car il dépend du produit emballé, des fabricants d’emballages, des lignes de conditionnement, des vendeurs du commerce électronique, des entreprises de logistique et des consommateurs. Dans de nombreuses applications, une certaine quantité d’espace vide est nécessaire pour assurer la protection des articles emballés.

La profession s’engage à soutenir les décideurs politiques de l’UE dans l’élaboration d’un cadre réaliste et ambitieux pour les emballages et les déchets d’emballages et dans la réalisation d’une économie climatiquement neutre et circulaire. Le PPWR devrait viser à améliorer la circularité des emballages à la traîne en termes de performance de durabilité et, en même temps, soutenir de nouvelles améliorations pour les matériaux qui sont déjà circulaires, comme les emballages en carton ondulé.

Nos emballages ne sont ni perdus ni jetés!

« Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas ». Cette sentence absolue est utilisée fréquemment pour sonner le glas des emballages perdus, ceux qui, à usage unique, ne sont vus que comme des déchets, dont on occulte le rôle et les fonctions essentielles et doivent être jetés aux ordures, dans une poubelle qui déborde, signe alarmant de notre surconsommation des ressources.

Mais le vocabulaire utilisé, issu d’un temps où l’organisation d’une économie circulaire n’était pas une priorité politique ou sociale, ne rend pas compte de la réalité physique, économique et environnementale de notre matériau et des emballages qu’il constitue. Et il nous appartient à tous de la faire évoluer.
Dans un contexte où le rôle de l’emballage et les avantages de notre matériau sont remis en cause au seul motif qu’il faut diminuer les quantités de déchets, la sémantique prend toute son importance.

Emballages perdus ?
Les emballages papier cartons présentent un taux de recyclage de plus de 90%. Ce taux atteint même près de 98% si on ne considère que les emballages industriels et commerciaux, c’est-à-dire les emballages qui ne terminent pas leur parcours dans les mains des consommateurs. Ces emballages représentent 80% des emballages papier carton mis en marché chaque année en France. Les emballages ménagers, qui représentent donc 20% des emballages mis en marché, ne sont eux collectés et recyclés qu’à un peu moins de 70%, faute de tri par le citoyen, qui n’en comprend pas toujours bien la nécessité malgré l’effort qui lui est demandé.
Une fois collectés et triés, ces emballages sont recyclés et leur matière est réutilisée pour fabriquer de nouveaux emballages. Les études ont montré que la fibre de cellulose, constitutive de notre matériau, pouvait être recyclée au moins 25 fois (1) (2), sans subir de modifications remettant en cause son usage.
Il est donc sans conteste que ces emballages et surtout leur matière n’est absolument pas perdue ! Ils constituent une ressource essentielle et majoritaire. Les emballages en carton ondulé intègrent en moyenne 88% de matière recyclée et de nombreux emballages sont à 100%.

Des emballages à usage unique ?
Certes, les emballages en carton ondulé sont le plus souvent à usage unique. En les concevant spécifiquement pour chaque usage, cela permet d’avoir un emballage adapté aux spécificités de chaque produit, à ses exigences de conditionnement, aux besoins logistiques et à l’organisation de la chaine de distribution. Ainsi, la quantité de matière première utilisée (dont l’« extraction » représente la majorité de l’impact environnemental) est à chaque fois optimale.
Cette organisation est possible et efficace en terme environnemental car nos emballages sont fabriqués avec un matériau naturel et renouvelable, la fibre de cellulose, qui ne nécessite qu’un traitement mécanique pour être réutilisée.

Des emballages à jeter dans la poubelle jaune ?
La nature même de l’emballage, dont le rôle se termine une fois qu’il est séparé du produit chez l’utilisateur ou le consommateur final, fait qu’il est considéré comme un déchet à mettre à la poubelle.
Cependant, depuis la mise en œuvre d’un système de responsabilité élargie des producteurs dans le début des années 90, les « déchets d’emballages » ont acquis leur propre « poubelle », souvent jaune, parfois bleue ou d’une autre couleur, toujours séparés des autres déchets. Sans obligation réglementaire, ce tri s’est mis en place dans les filières industrielles sous l’impulsion du secteur qui s’est organisé pour valoriser et récupérer le précieux sésame de la fibre à recycler.
Aujourd’hui, plutôt que de poubelle, il faut parler de bac de tri, où l’on sélectionne une matière pour gérer sa fin de vie. Nous devrions d’ailleurs plutôt parler de fin d’usage puisque la vie de la matière n’est pas terminée. Tous les emballages en papier carton triés dans ce bac seront recyclés, car la filière collecte les emballages qui relèvent de son matériau et récupère toute la fibre qu’elle peut récupérer.

 

(1) (Putz, H-J. & Schabel, S. (2018). Der Mythos begrenzter Faserlebenszyklen. Über die Leistungsfähigkeit einer Papierfaser. Wochenblatt für Papierfabrikation. 146(6), pp.350-357. Traduction en anglais : https://www.fefco.org/sites/default/files/2022/Myth_of_Limited_Fibre_Cycles.pdf

(2) Eckhart, R. (2021). Recyclabilité du carton et du carton ondulé. Wochenblatt für Papierfabrikation 11/2021 Traduction anglaise : https://www.procarton.com/wp-content/uploads/2022/01/25-Loops- Study- English-v3.pdf

Proposition de règlement européen sur les emballages

La Commission européenne a présenté un projet de Règlement ambitieux qui doit contribuer aux objectifs de l’UE en matière d’économie circulaire et de neutralité climatique. Cette proposition veut promouvoir une approche équilibrée pour garantir que les emballages « soient conçus, fabriqués et commercialisés de manière à permettre leur réemploi ou leur recyclage de haute qualité ». Elle confirme les objectifs de recyclage antérieurement fixés, tout en augmentant les exigences de qualité et d’efficacité. La mise en œuvre d’un règlement permet de surcroit d’éviter que les Etats-membres ne mettent en place des législations nationales induisant des distorsions, par exemple en matière de marquage des produits ou de définition de la recyclabilité.

Préalablement à ce texte, nous avions découvert avec inquiétude une version préparatoire qui considérait par principe, malgré des études démontrant le contraire, le réemploi d’un emballage comme préférable à la réutilisation de sa matière par recyclage. La version officielle a cependant évolué sur ce point, et reconnaît en partie la complémentarité des systèmes de réemploi et de recyclage pour améliorer la circularité.

Les emballages en carton ondulé, fabriqués à base d’un matériau renouvelable et géré durablement, contribuent en effet largement à l’économie circulaire. L’industrie a beaucoup investi dans le développement durable en améliorant les systèmes de recyclage et leur efficacité. Les emballages en papier et carton atteignant aujourd’hui un taux de recyclage de 82 % en Europe et les emballages en carton ondulé intègrent en moyenne 88 % de matières recyclées. La boucle ainsi constituée assure donc la réutilisation du matériau d’emballage.

L’industrie du papier carton se consacre depuis de nombreuses années à soutenir l’ambition climatique de l’UE. Au-delà de l’amélioration du fonctionnement de sa boucle matière, Elle s’est d’ailleurs donné l’objectif d’atteindre la neutralité climatique en 2050, comme en témoigne les publications des feuilles de route par l’industrie papetière (ici et ici) et celle de la fabrications du carton ondulé (ici). La mise en œuvre de l’économie circulaire et la neutralité climatique sont indispensables pour atteindre les ambitions du Green Deal Européen.

Au cours des prochains mois, ce projet sera examiné par le Parlement européen et par les Etats-membres. Il est essentiel que les systèmes circulaires existants fonctionnels et bien établis soient maintenus et davantage soutenus. Les objectifs de réemploi ou de recyclage qui sont inscrits dans ce projet de règlement doivent se concentrer sur les emballages qui ont de médiocres performances en matière d’économie circulaire, et ne pas fragiliser les modèles déjà éprouvés.

Le projet de règlement : https://environment.ec.europa.eu/publications/proposal-packaging-and-packaging-waste_en

ACV comparative de solutions d’emballage alimentaire

Le cabinet Ramboll a réalisé, pour la FEFCO, une ACV comparative, menée selon les normes ISO 14040 et ISO 14044 et révisée par un panel d’experts indépendants, comparant le transport B2B de produits alimentaires frais au sein de l’UE à l’aide de deux solutions d’emballage : les caisses en carton ondulé recyclables et les caisses en plastique réutilisables.

Unité fonctionnelle et scénario de base

Cette étude a mesuré quinze catégories d’impacts environnementaux pour un scénario de base, sélectionnés conformément à la méthodologie européenne du Product Environmental Footprint. Les données ont été collectées à partir de sources primaires, y compris les fabricants et l’industrie, et de sources secondaires, telles que la littérature ou les bases de données LCI.

L’unité fonctionnelle utilisée pour cette étude est le transport d’1 tonne de produits frais (légumes) sur une distance de 840 km, du producteur au distributeur au sein de l’UE27 (+ Royaume-Uni), afin d’être représentatif des systèmes moyens de transport alimentaire dans l’Union Européenne.

Le scénario de base considère un taux de réutilisation de 24 fois pour les caisses plastiques, déterminé sur la base des données scientifiques disponibles, et 1 utilisation pour les caisses en carton ondulé.

Un scénario de référence de fin de vie a été défini, permettant d’identifier les paramètres, données et implications potentielles sur le transport B2B en Europe. Il utilise les données d’Eurostat pour les emballages :

  • Papier et carton : taux de recyclage 83 %, taux d’incinération avec récupération d’énergie 17 %
  • Plastique : taux de recyclage 42 %, taux d’incinération avec récupération d’énergie 58 %.

Les impacts totaux agrégés des systèmes de base ont été calculés pour les deux solutions d’emballage.

Les résultats du scénario de base

 Voici quelques conclusions clés extraites de cette étude :

  • Le système utilisant du carton ondulé est plus bénéfique dans 10 des 15 catégories d’impact étudiées, parmi lesquelles le changement climatique total, l’utilisation des ressources, fossiles et l’utilisation des ressources minérales et métalliques (voir ci-dessous).
  • L’analyse a montré que les caisses plastiques devaient être réutilisées au minimum 63 fois pour avoir moins d’impact dans la catégorie du changement climatique que les caisses en carton ondulé.

• Les résultats de la comparaison du scénario de base pour les principales catégories d’impact (celles contribuant cumulativement à au moins 80 % de l’impact environnemental total) sont présentés ci-dessous :

Catégories d’impacts environnementaux

Charges évitées (niveau de référence)

Ondulé
(à usage unique)
Plastique réutilisable
(24 rotations)
Changement climatique total [kg CO2 eq] 34,70 47,94
Matières particulaires [Incidence sur les maladies] 3,04E-06 8,00E-07
Utilisation des ressources fossiles [MJ] 238,37 476,23

Analyses de sensibilité

L’étude comprend ensuite 14 analyses de sensibilité, c’est-à-dire un recalcul des différents résultats en faisant varier un critère par rapport au scénario de base.

Ces analyses de sensibilité montrent que le carton ondulé continue de surpasser les caisses plastiques réutilisables dans la plupart des cas :

  • Le carton ondulé surpasse les caisses réutilisables pour le changement climatique, l’utilisation des ressources fossiles, l’utilisation de l’eau, l’épuisement ozone, l’écotoxicité et bien d’autres.
  • Seul 1 scénario sur 14 a donné de meilleurs résultats pour les caisses plastiques réutilisables : utilisation de 100 % de matière recyclé.

Pour consulter l’étude FEFCO

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